La vie rêvée des bébés anges

15 Oct

Avant d’être dans le ventre de ma mère, je m’en souviens comme si c’était hier, j’étais avec d’autres bébés, des bébés avec des ailes blanches et tout lumineux. Ils brillaient si fort que j’en suis encore éblouit en y repensant.

En faite, moi aussi j’étais comme eux. Ma peau était presque translucide et brillante, ni chaude, ni froide et on se déplaçait sans effort, rien à voir avec l’effort surhumain des premiers pas terrestres.
On rigolait souvent, on souriait, on se comprenait sans avoir besoin de parler, juste en se regardant.
On était plutôt nombreux, même très nombreux, tellement que je serais incapable de donner un chiffre, un nombre. De toute façon, ce n’est pas le plus important.

On riait tellement fort, on était tellement bien, tellement apaisé que ça donnerait presque envie d’y retourner.
J’échangeais souvent avec les autres, certains savaient ce qu’il arrivait juste après, qu’on ne restait pas tout le temps dans cet espace, dans ce temps. Je ne comprenais pas grand-chose. Parfois je me souvenais, d’autres non. Une partie des autres disaient que certains sont plus « neufs » que les autres et que eux c’était des « anciens », qu’ils avaient déjà testé la vie terrestre une ou deux fois. Parfois ils restaient seulement quelques mois dans une sorte de caverne humide et chaude mais encore plus confortable qu’ici. Parfois ils restaient plus longtemps. Parfois même ils arrivaient jusqu’au tunnel, voyaient la lumière mais qu’une force étrange, indescriptible et tellement inconfortable les ont envahit… et que quelques temps après ils se réveillaient à nouveau ici.

Au début je ne les croyais pas du tout, puis rapidement ma curiosité a pris le dessus. Je voulais en savoir plus sur la vie dans cette caverne, sur la vie après le passage du tunnel lumineux.
C’est comme ça que j’ai appris qu’on était des anges, des bébés anges qui attendent qu’un autre papa et une autre maman s’aiment tellement fort qu’ils nous appellent dans leur caverne chaude.
Cette « maman » et ce « papa » comme ils disaient, ils nous aiment aussi tellement fort qu’on est bien avec eux, mieux qu’ici. J’en doutais au début, mais c’était avant de voir les miens de papa et maman. Ils nous aiment tellement que lorsqu’on repart pour le pays des anges, ils sont tristes, ils pleurent beaucoup, sont en colère souvent, en veulent au monde entier pour cette injustice…

C’est pour ça que les bébés anges nous apprennent rapidement à veiller sur nos anciens parents, les nouveaux qui attendent notre arrivée, les futurs qui se piquent les fesses avec du produit pour arriver à ouvrir la caverne chaude.

Tout ça, c’est tellement compliqué. C’est triste et joyeux à la fois. Joyeux parce que là haut, les bébés anges rient, s’amusent ensembles et attendent de revenir patiemment. C’est compliqué et triste, mais comme me l’a dit un des bébés anges avant que j’arrive sur terre, c’est ainsi, c’est la vie. Elle n’est pas toujours facile cette vie, on la détestera souvent mais ça vaut tellement le coup…
A tous les bébés et les par’anges, en l’honneur de la journée de sensibilisation au deuil périnatal.

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