Quand travailler devient une torture mentale

3 Déc

En cette période de crise financière (il commence bien mon article) dire haut et fort qu’on n’aime pas ou plus ou moins voire beaucoup moins son boulot, c’est une honte, un crime contre l’humanité ! Bon j’exagère un peu mais se plaindre de son emploi alors que d’autres n’en ont pas ou plus, c’est un peu comme se plaindre d’avoir du caviar à tous les repas mais trouver que franchement manger QUE ça c’est soûlant.

Mais voilà, aujourd’hui, et ce depuis quelques mois, être au travail est une torture.
Bien sûr, par moment on se surprend à être ravi de faire une tache ou la faire automatiquement sans se poser de questions et on « oublie » presque qu’on n’a qu’une seule envie c’est de partir en courant !

J’aimais mon métier, puis petit à petit je l’ai trouvé fade, sans intérêt puis comme si sa vraie face se révélait à moi, je l’ai trouvé carrément contraire à ce que je suis, ce que je pense. Le commerce, la consommation forcée, les produits sans intérêt qui deviennent un besoin vital, poussant le consommateur à faire un crédit ou balancer un mois de salaire dans un seul et même produit.

Bref, une seule petite partie me plaît encore, mais c’est plus le medium qui me plait, comme un artiste peintre aimerait son métier de peintre en bâtiment… y’a les pinceaux, la peinture toussa, mais en vrai c’est pas pareil.

J’écris, toute la journée. Je fais de belles phrases, j’essaie du moins. Mais quand il faut présenter un produit tout simple, tout basique, les envolés littéraires, la plume, on s’en fou. On se soucis plus du temps à la seconde que tu as passé à écrire cette fiche, connaître ton rendement à la journée, essayer de trouver une façon d’automatiser, rentabiliser ton travail, le reste n’est qu’accessoire.
Ce boulot me semblait un bon compromis mais la tournure qu’il prend me déplaît, me fait dégoûter d’être assise ici derrière ce bureau.
Le nombre de mes missions a considérablement diminué pour ne devenir qu’une rédactrice en chaîne de fiches produits, uniquement de fiches produits.

Parallèlement, le nombre de fiches a augmenté du simple au centuple avec en bonus la gestion de projet. Le tout pour le même salaire de base minable, qui n’était déjà pas élevé pour les missions couchées sur mon contrat. Un bac+5 pour le salaire d’un non diplômé, un chef de projet pour le salaire de la femme de ménage qui nettoie les bureaux de ceux qui ne lui murmurent même pas un « bonjour ». Loin de moi l’idée de dénigrer des métiers, des personnes plus ou moins qualifiées, de faire une échelle de salaire. C’est juste un constat, une tromperie. Penser qu’avoir plus de diplômes te permet d’avoir encore un peu d’argent dans ton compte en banque après avoir payé les factures, c’est un leurre.

Mais le salaire n’est pas le seul fautif à ma démotivation, s’il avait pu être le seul, je n’en serais pas là. Bien sûr, le manque de considération n’est pas pour remonter le niveau mais le problème vient de plus loin ou de tout à la fois.
Je m’ennuie, mon métier n’est pas celui que je veux. Mais qu’est-ce que je veux ? C’est LA question ! Me voilà totalement perdue, incomprise, dégoûtée et je ne sais plus par où prendre le problème.

J’ai un enfant et je ne veux pas qu’il me voit me lever en étant déçue d’aller travailler, la mine basse quand je le quitte à la crèche pour me diriger
vers ce lieux de travail qui fait plus figure de pénitencier.
Je suis donc dans une phase où je rajoute au dégoût de mon emploi, une série de questions, de remises en question sur ma vie professionnelle , ma vie et mes envies.
Je n’ai le temps de rien, travailler 39h et être maman assurant seule le soir ce n’est pas évident, un mi temps ou un 35h ne me déplairait pas.
J’ai l’impression de ne plus avoir le temps d’être moi et tout ça pour un métier qui ne me convient pas ! Le papa de Cupidon rentre à 23h en général (Ah les cuistots !), je suis déjà au bord du coma après une journée crevante, (deux journées plutôt) et encore, je n’ai qu’un enfant ! En plein ‘terrible two’ certes, mais qu’un enfant !

J’ai des envies de reconversion, de changement de département pour me rapprocher de ma famille. Je suis prête à choisir un métier qui me plaît même si ça signifie repartir du « bas de l’échelle », se former en plusieurs années, faire des sacrifices mais retrouver enfin un peu goût à la vie professionnelle.
Donner un nouveau tournant radicalement différent me tente beaucoup, me lancer toute seule me fait peur mais me plairait, trouver un emploi dans mon domaine mais dans une autre entreprise est presque impossible dans ma région.

Voilà où j’en suis de ma réflexion, plusieurs envies, plusieurs constats mais comment savoir que je ferais le bon choix ? Comment savoir que la voie que j’aurais pris me conviendra ? Que de questions et si peu de temps pour y répondre, car une chose est sûre, il faut rapidement que je sorte de ce bourbier professionnel où « travailler » rime avec « dégoûter ».

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7 Réponses to “Quand travailler devient une torture mentale”

  1. amalise décembre 4, 2012 à 8:53 #

    Je crois malheureusement que nous sommes beaucoup, et de tous âges, à avoir cette sensation. Ce n’est pas juste le fait de devenir Maman, mais plus le sentiment de ne pas être à sa place. En tout cas, moi, je ressens exactement la même chose que toi, et depuis très longtemps. Généralement, au bout de trois ou quatre ans dans un job, je sature, et cherche autre chose, mais je me retrouve immanquablement avec le même genre de boulot. J’ai même fait un bilan de compétences, qui m’a permis de prendre confiance en moi, mais qui a conclu en gros qu’il me serait très difficile de faire autre chose (j’ai pourtant fait 7 ans d’études après le bac). J’ai pu changer de domaine d’activité, ce qui était déjà bien, mais pour faire toujours la même chose. Moi aussi je m’ennuie, je trouve les journées affreusement longues, et j’attends le soir avec impatience. Mais que faire ? Un autre bilan qui donnerait les mêmes résultats ? Chercher quelque chose de différent, mais les employeurs en France ne sont pas très ouverts et laissent difficilement sa chance à quelqu’un sans expérience ? Bref, je te comprends, et je te souhaite de trouver ta voie. Je suis persuadée que ne pas être épanouie au boulot, là où on passe la majeur partie de notre temps, peut avoir des effets sur notre comportement à la maison. Et c’est ce que je regrette. Bon courage en tout cas 🙂

    • parleamamere décembre 4, 2012 à 2:38 #

      C’est tout à fait ça ! Je ne suis pas la seule en effet mais comme tu le dis c’est tellement important pour notre équilibre personnel aussi d’aimer ce qu’on fait. J’espère que je finirais par trouver ma voie !

  2. Nathellis décembre 4, 2012 à 4:00 #

    C’est une bonne chose d’avoir conscience que tu ne te sens pas à ta place. Maintenant reste à prendre LA décision : rester comme tel ou changer ?
    Là c’est l’étaoe la plus difficile mais crois moi, une fois que tu as pris la décision (et que tu t’y tiens) ça change tout. J’ai eu la même chose il y a deux ans. Perso j’ai choisi de changer pour autre chose mais qui me convient mieux. Les conditions sont toalement différentes ( et pas forcément meilleures loin de là) mais je m’éclate dans ce que je fais et c’est surtout ça qui me convient.

    Milles bises et plein de courage pour ta remise en question !

    • parleamamere décembre 4, 2012 à 8:04 #

      Changer c’est ce que je veux mais je dois trouver pour quoi changer, dans quelque chose qui me plaît mais de « faisable ». Mais le changement c’est long, il faut que je sois patiente et dans ces conditions c’est encore plus dur d’aller au boulot ! Je me surprend même à espérer qu’on me vire.
      Je finirais bien par faire enfin quelque chose qui me plaît 🙂

  3. la pointe du vent décembre 4, 2012 à 7:03 #

    ah que je te comprend… Mon mari est cuisinier, donc tout gérer le soir seule après un boulot prenant et speed, je connais… Ou plutôt je connaissais, car nous avons décidé de changer de vie et de quitter Paris… En effet, j’aurais pu l’an passer écrire ton message, et maintenant, je deviens une entrepreneuse créative, avec un enfant et un mari cuisinier… Je suis toujours seule le soir et le weekend, mais je gère mon temps et mon job (qui n’est pas encore totalement abouti) et c’est un luxe que je ne regrette pas…
    Je te souhaite de te retrouver et de trouver ce qui est bien pour toi…
    Sur ce, je m’abonne à ta page que je découvre tout juste !!!

    • parleamamere décembre 4, 2012 à 8:13 #

      Etre femme de cuisinier c’est pas facile tous les jours ! Je pense que le plus épuisant est de cumuler un boulot à temps très plein et épuisant psychologiquement puis assurer seule. J’espère que bientot je pourrais dire comme toi, que je « connaissais » ça 🙂
      J’ai vu sur ton blog que tu es en Bretagne, ça doit te faire un bien fou par rapport à Paris !
      Au plaisir de te lire 🙂
      PS : tes bijoux sont ravissants !

  4. les filles sont des princesses !!! décembre 10, 2012 à 9:43 #

    Les questions que tu te poses sont normales chez une jeune maman qui ne sait plus où est sa bonne place.J’ai un métier que j’ai vraiment rêvé de faire , quand mon fils est né ça a tout renversé. Je voulais être avec lui, avec lui et encore avec lui. Et puis j’ai continué à travailler et mon fils a grandi (et il n’aurait pas envie de m’avoir sur le dos en permanence). Mon métier (comme beaucoup d’autres ) est épuisant (je suis chirurgien dentiste), alors j’ai ouvert une brèche de passion dans ma vie, j’ai toujours peint et dessiné, j’ai exposé, vendu, me suis inscrite à la maison des artistes et maintenant je fais 2 mi-temps (illustratrice-dentiste)! c’est très lourd parfois de devoir faire face aux 2, mais j’adore changer de blouse et vivre dans ces 2 univers. Mon fils donne son avis et je n’ai jamais le temps de saturer car un projet en chasse un autre. Tu écris avec beaucoup de sensibilité, c’est peut-être une piste ?

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